IN SITU KINETIC PHOTOGRAPHY : UNE APPROCHE DE LA POSE LONGUE EN PHOTOGRAPHIE

In situ kinetic photography, longue pose en photographie
Matière © Éric Petr, 2018 | Nikon F3, Film Ilford FP4

Qu’est-ce que « In situ kinetic photography », « Photographie cinétique in situ »  ou « ISK photo » ?
Plus qu’un concept, la “In Situ Kinetic Photography” constitue une écriture photographique développée au début des années 2000. 

L’intention est d’explorer l’enregistrement de la lumière comme matière photographique et de développer un travail dans lequel les repères de temps et d’espace se trouvent profondément modifiés.

Dans cette approche, l’idée était de travailler :

・sur une seule exposition sans post-traitement et sans multi-exposition pour être au plus proche d’une expérience subjective enregistrée,
・d’utiliser des temps de pose relativement longs et selon la composition, de quelques secondes à plusieurs minutes, pour permettre une condensation des émotions, de la lumière et de la matière,
・de déplacer l’appareil volontairement pendant l’enregistrement de l’image, afin de recontextualiser la scène selon un autre ordre, celui d’une expérience esthétique et intérieure,
・d’introduire, au cours de l’enregistrement, une part d’ajustement susceptible de déplacer le champ de l’expérience,
・et de construire l’image sur place « in situ » pour que cette rencontre entre l’observateur (le photographe) et le lieu, avec ce qu’il en émane, ne soit pas troublée par d’autres facteurs exogènes à la scène et à l’expérience.

L’intention n’est donc plus simplement de montrer le mouvement comme dans le principe de la pose longue classique, « je bouge l’appareil pour créer du flou », mais plutôt de composer une image comme une condensation temporelle d’un lieu.
Je pourrai même comparer cela à une sorte de « micro-film enregistré sur une seule image » ou à une forme d’ « échographie d’un lieu ». 

Par ce processus, je cherche à interroger l’écart produit entre :

・l’observation d’une scène « in situ » avec pour instrument de mesure un appareil photographique,
・et l’enregistrement de cette scène obtenu par l’observateur (le photographe) qui prend pour référentiels, son ressenti au moment précis de la prise des vues ainsi que les éléments extérieurs, tels que la lumière, la matière et l’énergie du lieu.

Cet écart rend compte d’une introspection produite par une réflexion inconsciente menée par l’observateur (le photographe), et en écho aux éléments qui l’entourent. L’enregistrement dévoilera une image montrant le regard intérieur d’une scène vécue de l’extérieur.

In situ kinetic photography, longue pose en photographie
Spirituelles Odyssées © Éric Petr, 2025

Quel est le référent du concept « In situ kinetic photography » ?

Ce concept s’appuie sur le principe de la pose longue et bien que j’y aie porté toute ma réflexion en tant que photographe plasticien, la pose longue est un sujet sur lequel beaucoup d’autres artistes et photographes ont aussi travaillé.

Parmi eux, je citerai de manière non exhaustive les plus connus, tels que Gustave Le Gray (1820–1884) peintre et photographe, Alfred Stieglitz (1864–1946), Man Ray (1890–1976) photographe expérimentateur, László Moholy-Nagy (1895–1946), Josef Sudek (1896–1976), Brassaï (1899–1984), Ernst Haas (1921–1986), Barbara Kasten (1936), Michael Wesely (1945), Eric Staller (1947), Hiroshi Sugimoto (1948), Abelardo Morell (1948), Uta Barth (1956), Mitch Dobrowner (1956), Michael Kenna (1957), Francesca Woodman (1958–1981), Tokihiro Sato (1957) ou encore mes contemporains Adam Fuss (1961), Alexey Titarenko (1962), Thierry Cohen (1963) ou encore Rut Blees Luxemburg (1967).

Ce qui est intéressant à voir ici, c’est qu’au-delà de la pose longue, chaque artiste s’est approprié cette technique de prise de vue pour créer des univers très différents.
Pour autant, en écrivant cet article et en revisitant le travail de chacun, je vois qu’il se détache de ces poses longues un véritable langage visuel durable, et non un simple effet, que je pourrais dresser comme une sorte de cartographie des différents courants ou esthétiques créés.

1. Les pionniers du temps photographique

Révéler
La pose longue conçue comme une nécessité technique car la photographie en ce temps l’exigeait. Elle devient une écriture visuelle identifiable dans sa chronologie.

Gustave Le Gray (1820–1884)
Alfred Stieglitz (1864–1946)
Brassaï (1899–1984)

Ici, le temps long naît d’abord d’une contrainte matérielle puis devient un vocabulaire.
Le Gray comprend très tôt que l’exposition n’est pas seulement un enregistrement mais une construction du visible.
Stieglitz transforme l’atmosphère et la météorologie en matière expressive.
Brassaï révèle la ville comme théâtre nocturne.

2. Les expérimentateurs de la lumière

Expérimenter
La pose longue imaginée comme laboratoire du médium avec toutes ses expérimentations aux différents axes possibles.

Man Ray (1890–1976)
László Moholy-Nagy (1895–1946)
Barbara Kasten (1936)
Adam Fuss (1961)
Eric Staller (1947)

Ici, on ne photographie plus seulement le monde : on photographie les conditions mêmes de la vision. La durée devient une expérience lumineuse.

3. Les contemplatifs du paysage et du temps étendu

Contempler
La pose longue comme une condensation temporelle du réel.

Josef Sudek (1896–1976)
Hiroshi Sugimoto (1948)
Michael Kenna (1957)
Mitch Dobrowner (1956)

Le sujet devient moins le lieu que la durée du lieu.
Sugimoto pousse cela jusqu’à une quasi-métaphysique du temps.
Kenna transforme le paysage en mémoire silencieuse.

4. Les architectes du temps accumulé

Accumuler
La photographie comme une addition temporelle.

Michael Wesely (1945)
Abelardo Morell (1948)
Thierry Cohen (1963)

Ici, l’image n’est plus un instant mais une construction temporelle.
Chez Wesely, le temps est presque un matériau de chantier.
Chez Morell, le lieu et sa projection fusionnent.
Chez Cohen, plusieurs temporalités se rencontrent.

In situ kinetic photography, longue pose en photographie
Hikari © Éric Petr, 2025

5. Les photographes de la présence absente

Transformer
La pose longue comme trace humaine.

Francesca Woodman (1958–1981)
Alexey Titarenko (1962)
Rut Blees Luxemburg (1967)

Le temps n’efface pas : il transforme la présence.
Woodman travaille sur la disparition du corps.
Titarenko se concentre sur la dissolution sociale.
Rut Blees Luxemburg interroge la mémoire urbaine.

6. Les phénoménologues du geste et de l’espace

Émouvoir
La pose longue comme expérience vécue du regard.

Ernst Haas (1921–1986)
Tokihiro Sato (1957)
Uta Barth (1956)

Ici on n’enregistre plus seulement ce qui est vu : on photographie l’acte de voir.
Le temps devient perception.

Où se place le concept « In situ kinetic photography » ?

Je n’ai pas énuméré ces tendances esthétiques pour mettre des artistes dans des cases, les fuyant moi-même !

Mais cela permet néanmoins d’approcher de façon méthodique, comment à travers l’histoire de la photographie, la pose longue, au départ contrainte, est devenue une intention esthétique en elle-même.

Pour ma part, si je devais me définir parmi ces tendances, j’aurais bien du mal. Tout d’abord parce qu’il est toujours difficile d’apporter un jugement sur soi-même et aussi parce que je ne me retrouve dans aucun des six chapitres énoncés.

In situ kinetic photography, longue pose en photographie
Spirituelles Odyssées © Éric Petr, 2026 | Nikon F3, Film Kodak Color Plus 200

C’est peut-être pour cela que j’ai éprouvé le besoin de nommer ce territoire d’exploration visuelle plutôt que de m’inscrire dans un courant existant, comme celui de la « pose longue avec intention » qui fut nommé bien plus tard, à la fin des années 2010, « ICM Intentional Camera Movement ».

L’IMAGE EN MOUVEMENT OU LA PHOTOGRAPHIE ET L’AIKIDŌ

Hong Kong by night, février 2005 © Éric Petr

Mon cheminement, dans ma réflexion sur l’image en mouvement

J’ai pratiqué la photographie argentique avec passion, entre 1983 et 1993. Je développais mes films et je tirais mes photographies dans un laboratoire photo de l’Aéroport de Paris qui m’était prêté.
Puis j’ai arrêté subitement la photographie. Je considérais sans doute à ce moment précis de son histoire qu’un séisme s’était produit, et que je n’y avais plus ma place. Le monde du numérique émergeait.

C’est alors que s’enchaînèrent pour moi les années sans prendre une seule photographie et sans toucher à un appareil photographique au cours de la décennie qui s’ensuivit.
Quand je regarde mes albums photo, c’est un trou béant d’une décennie de souvenirs qui ne se sont pas imprimés, et pour certains disparus au fin fond de mon inconscient.
La première leçon reçue de cette privation de l’image est que la photographie, le dessin ou le carnet de voyage, au-delà de ce qu’ils peuvent produire de beau, sont tout d’abord un outil indispensable et nécessaire à la mémoire.

Mais un recul s’imposa à mon rapport obsessionnel et maladif de l’appareil photographique, et ces dix années d’interruption m’ont permis de prendre conscience de cela et de placer une distance nécessaire pour réfléchir librement et sans contraintes au pouvoir de l’image, son rôle, sa puissance et surtout, de quelle manière l’image photographique pouvait toucher à l’immatérialité, la métaphysique et exprimer des émotions indicibles de l’ordre du spirituel ou de l’invisible.

C’est ainsi que cette décennie de gestation, qu’une pratique intense d’un Aikidō sans concession accompagna, a changé mon regard sur le monde, ou plutôt, lui a apporté une acuité qui jusqu’alors avait rencontré quelques difficultés à s’exprimer clairement en moi.

Il est aussi indéniable que l’Aikidō, dans sa pratique pure, son approche traditionnelle, son entraînement intensif et sa méditation régulière, permet d’accéder à un champ plus large de la connaissance spirituelle et de notre rapport à l’univers.
C’est ce en quoi, l’Aikidō m’a beaucoup aidé et continue à m’apporter cette profondeur dans la conception de ma photographie.

Je ne saurais qu’être très reconnaissant envers Armand Mamy-Rahaga et Michel Kovaleff qui, par leur pratique d’un art martial juste et intransigeant, m’ont aidé à trouver un chemin dans ma réflexion, et reprendre mon travail photographique avec cette force que nous donne l’Aiki.

Koh Chang 2002 © Éric Petr
Douzième pose d’un tout premier film photo réalisé après dix ans d’arrêt complet de la pratique photographique.

C’est donc en décembre 2002 que j’ai repris la photographie après ces dix années d’interruption, là où je l’avais arrêtée en 1993, mais avec une cohérence plus structurée que celle que mon travail des années 80 avait su produire.

La rencontre se fit par la contingence d’éléments heureux avec un Pocket Instamatic Kodak jetable de 12 poses, qu’un périple en Thaïlande vers le Cambodge avait initié. 
Ce fut douze grands moments d’émotion !
Seulement douze photos prises au cours d’un voyage au bout du monde, c’est juste retenir son souffle jusqu’à la fin.
Lors de ce voyage-là, j’appris à prendre le temps, à chercher dans mon inconscient le souffle déclencheur du déclic photographique, la jouissance du déclenchement.
Je compris alors que la photographie est, avant tout, l’écoute de notre univers.

Les premiers travaux photographiques que j’ai réalisés à partir de 2003 (Tōkyō under the rain_2oo3, Bangkok_2oo4, TrAveRséE2nUiT_2oo4, Windows_2oo5, et d’autres), constituent les bases et les fondements d’un savoir acquis au cours de cette décennie d’interruption de la pratique photographique.

Les trois images de 2005 que je vous présente aujourd’hui, sont très représentatives de mon style. Ma photographie compose à la fois avec la lumière comme premier constituant de l’œuvre mais se distingue aussi par sa capacité à capter les détails les plus subtils d’une scène ou d’un lieu pour transformer les objets visibles et à en magnifier leur perception secrète. À travers ce regard, chaque image devient une sorte de poème visuel, où l’invisible prend forme, et où le spectateur est invité à découvrir un monde qui lui est propre tout en restant connecté à l’expérience humaine universelle.

Ces images extraites de ma série Hong Kong by night, de février 2005, tentent de reproduire l’atmosphère ineffable des villes d’Asie en apportant, et ce qui fera ma signature de photographe, cet aspect de matière lumineuse dense et poétique, cette ambiance onirique et cette sensation d’intemporel.
Bien que ces images aient été prises il y a vingt ans, leur force nous fait oublier justement la faible qualité de l’appareil photographique numérique utilisé à l’époque, ce qui demeure une prouesse.

Hong Kong by night, février 2005 © Éric Petr

Mon travail photographique se poursuivra sans discontinuer dans le cadre de cette réflexion sur la lumière, le mouvement, l’espace et le temps.
J’ai nommé ce processus photographique, pour le définir : « la photographie cinétique in situ » ou « in situ kinetic photography ».

Ce travail se poursuit aujourd’hui avec mes Variations de Lumière mais encore, et toujours, avec 光 (Hikari), Métamorphoses ou mes Spirituelles Odyssées qui ont donné naissance à la publication d’un livre numéroté et signé en 2016, chez Corridor Éléphant, Éditeur de photographies contemporaines.

Ce travail sur la lumière et le mouvement, que j’ai commencé à diffuser sur les réseaux sociaux à partir de 2010, demeurait jusqu’alors très méconnu de la pratique des photographes et du public. Mes très nombreuses publications ont alors donné place, petit à petit, à un courant photographique que d’autres photographes, à leur tour, ont repris et développé de leur côté, puis nommé dans les années 2015 « Intentional Camera Movement ».

Je suis heureux de faire partie des tous premiers investigateurs de ce mouvement photographique, et pour n’en citer que quelques-uns qui m’ont précédé, Kōtarō Tanaka (1905-1995), Ernst Haas (1921-1986), et aussi mon contemporain Alexey Titarenko (né en 1962), ayant pour sa part spécifiquement travaillé sur les foules en mouvement.

Je m’inscris personnellement comme photographe ayant concentré tout mon travail et mes efforts au cours de ma vie dans cette principale réflexion de l’image en mouvement, en créant un style tout à fait unique.

Hong Kong by night, février 2005 © Éric Petr

DE L’ « ICM » VERS LA « IN SITU KINETIC PHOTOGRAPHY »

Bangkok 2oo4 © Éric Petr [Intentional Camera Movement]

« in situ kinetic photography »
premier principe d’un manifeste

J’ai démarré la pratique de la photographie en 1983, et pendant dix années, j’avais cette idée de développer une recherche et une esthétique basées sur la lumière pure, et l’impact que la lumière peut avoir sur notre esprit, notre pensée, et notre perception de l’univers. 

J’ai repris ces travaux en 2003, après une rupture de la photographie entre 1993 et 2003.
Néanmoins, ma réflexion sur l’image a nourri cette période d’inactivité, qui s’est avérée très riche et très constructive pour mon travail photographique, par la suite.

Dix ans plus tard, en 2003 donc, après avoir longuement pensé à l’image, son rôle, et son pouvoir, j’ai poursuivi mon travail photographique sur la lumière, en tant que plastique ou matière, avec un regard nouveau.

« Bangkok 2oo4 » et d’autres ouvrages de cette même période, montrent un travail qui s’est inspiré de ce temps de réflexion, d’introspection et de maturation.

Cette photographie qui, en cette nouvelle ère de l’image numérique, n’était pas encore précisément nommée, le fut une décennie plus tard, sous le nom de ICM (Intentional Camera Movement).

光 0x1853AC © Éric Petr, 2020 [in situ kinetic photography]

Au XXe siècle, quelques photographes ont consacré une partie de leurs œuvres à cet aspect technique de la photographie en mouvement, tels que, pour n’en citer que quelques uns, Kōtarō Tanaka (1905-1995), Ernst Haas (1921-1986), et Alexey Titarenko (né en 1962), ayant pour sa part spécifiquement travaillé sur les foules en mouvement.

Au début des années 2000, mon travail sur l’image en mouvement, avec l’idée de peindre avec la lumière sur mon film ou mon capteur, est d’une approche très contemporaine, et demeure en marge. Il fut aussi acquis grâce à la pratique d’un Aikidō traditionnel et exigeant, qui enseigne la fluidité des éléments, la connexion avec le cosmos et la compréhension du mouvement et du corps dans l’espace.

Mon travail, dont le principe repose sur le mouvement intentionnel, a aujourd’hui évolué en apportant à l’ICM un champ plus étendu, que j’appelle la « in situ kinetic photography », ou en français, « photographie cinétique in situ ».
La « in situ kinetic photography » apporte au « mouvement intentionnel de caméra » un champ plus large et tient compte de différents axes et plans, in situ, pour une même exposition qui oscille de quelques secondes à quelques minutes.

La « in situ kinetic photography » s’apparente à l’échographie d’un lieu qui se réalise comme un micro-métrage, mais qui s’enregistre sur une seule image. Il ne s’agit donc ni d’expositions multiples, ni d’un travail en post-traitement. Sa photographie s’inscrit dans le domaine de l’abstraction, ou de l’abstraction subjective. Son écriture se fait avec la lumière et les photons en constituent son alphabet. Son langage est cosmique, son style onirique et son esthétique plasticienne.

Cette photographie s’apparente à la peinture dans le sens où elle se construit sur place en composant les éléments qui s’ajoutent à l’image. Le pinceau ou le crayon est le rayon lumineux qui contient la matière et l’énergie des ondes électromagnétiques, tandis que la toile ou le papier est la pellicule argentique ou le capteur de l’appareil photo. Contrairement au peintre ou au calligraphe, ce n’est pas le pinceau qui se déplace, mais le support, c’est-à-dire l’appareil photographique. C’est aussi, en ce sens, que l’intention de la « in situ kinetic photography » n’est en rien celle du « light painting », même si l’on peut observer certains points communs.

Pour cette photographie, composée in situ, des éléments très dispersés sur le lieu sont choisis avec soin pour composer un tableau photographique. Après une analyse des temps permettant l’ajout des éléments à photographier, le photographe devra déterminer précisément la vitesse de l’obturateur, l’ouverture de la focale, et la sensibilité du film, en fonction des éventuels filtres ajoutés.

Pour la « in situ kinetic photography », l’intention n’est plus le mouvement, comme dans le « mouvement intentionnel de caméra », mais celle de construire une image abstraite avec une densité plastique qui suggérera la superposition des états quantiques d’un point géographique que la lumière traverse au cours de son odyssée infinie.

Éric Petr | 0xB09FE203
Le combat des Amazones | Métamorphoses 0xB09FE203 © Éric Petr, 2019 [in situ kinetic photography]
Éric Petr | 0x480DF803
光 0x480DF803 © Éric Petr, 2014 [in situ kinetic photography]
Éric Petr | 0x7077 Variations de Lumière opus 0 (Nikon F3) Le Lavandou Années 80
Variations de Lumière opus 0, Le Lavandou 1980’s © Éric Petr | Nikon F3, film Kodak
Variations de Lumière opus 5 [Triptyk 2021] 65x300cm © Éric Petr [in situ kinetic photography]

À LA MANIÈRE DE

#bootstrap © Éric Petr, 2017

À la manière de …

Exposition collective
du 2 janvier au 20 janvier 2018
Vernissage le samedi 6 janvier 2018 à 19h

LE LIEU
La Galerie Associative les Ateliers Agora www.ateliers-agora.fr
2 Place Thiers 13340 Eyguières, en partenariat avec l’ESDAC (Ecole Supérieure de Design, Arts appliqués, Communication d’Aix-en-Provence) consacre ses lieux d’accueil à une exposition dédiée à la photographie sur la thématique « A la manière de… »


PRÉAMBULE
Consciemment ou inconsciemment  notre  activité photographique, que nous soyons amateur, averti ou professionnel, trouve toujours son inspiration dans les travaux d’un maître, d’un guide, d’une égérie. Quelque part nous devenons la continuité de sa pensée, de son travail. C’est ce point qui nous intéresse. C’est ce point qui est l’objet de notre sujet.


A LA MANIÈRE DE… ?
Qu’il soit écrivain, poète, cinéaste, photographe, sculpteur, peintre, cet artiste a été et l’est peut-être encore un guide dans votre travail photographique. Pourquoi pas devenir le prolongement de son travail. Pourquoi pas exprimer votre ressenti d’une partie de son œuvre. Il ne s’agit pas de plagier, de copier, d’imiter ni de reproduire. Il s’agit de s’inspirer au moins d’une partie de son travail, de prolonger à votre manière sa façon de voir et de mettre en image, de donner une nouvelle approche, une nouvelle dimension, une nouvelle mise en scène d’un sujet. Copier, c’est être esclave. Emprunter, est plus intéressant car l’idée chemine. S’inspirer et faire évoluer est valorisant.


LE MOT DE L’AUTEUR
« A LA MANIÈRE DE…「 Pierre Soulages 」» 

#bootstrap_2o17  est un projet qui prend naissance sur les traces de la lumière de Pierre Soulages et sur une première réflexion en 2004 qui aboutit à un projet netArt « TrAVerSéE2nUiT 2oo4 » réalisé sur une page internet, une œuvre de 36 x 1024 pixels (36.864 pixels) qui fait allusion à la rupture de l’argentique pour le numérique.
-> www.pozekafee.net/eric.petr/traversee2nuit/

#bootstrap est tout d’abord un éloge à Pierre Soulages mais aussi à Edgard Gunzig car ils ont conduit, sans que j’en sois conscient, l’orientation et la recherche de mon travail photographique jusque récemment, où j’établis les corrélations évidentes entre Pierre Soulages d’une part, pour mon interrogation sur la lumière comme matière et d’autre part, entre Edgard Gunzig qui, dans un deuxième temps, m’a fait réfléchir à l’essence de cette matière lumineuse et son intemporalité.
Le choix d’un papier japonais très texturé, pour cette série de cinq éléments non dissociables, est essentiel dans la mesure où sa structure vient, comme écho, rappeler la matière physique des toiles « noir-lumière » de Pierre Soulages.
Nota bene : Bootstrap est une théorie explicative de l’origine de l’univers développée par Edgard Gunzig.


ŒUVRE EXPOSÉE
#boostrap_2o17 (pentaptyque #1/3 copies + 1 EA) 
Série photographique de 5 images (8×12 cm) sur une ligne horizontale de 140 cm,  tirées sur papier Washi Fine Art 260g frangé et très texturé (10×15 cm),  montées sous cadre sans vitre (15×20 cm) avec une fixation flottante de l’image. 

TrAVerSéE2nUiT 2oo4

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 TrAVerSéE2nUiT 2oo4 / 35e pose © Éric Petr

TrAVerSéE2nUiT 2oo4 … une œuvre netArt en 36 poses

Récit photographique retraçant une traversée de nuit de la Mer Méditerranée en août 2004 de Marseille à Bastia.

Ce projet photographique netArt de 36.864 pixels, composé de 36 vues de 1024 pixels défilant au rythme d’une traversée en Mer Méditerranée sous une lumière lunaire rasante, est l’évocation pour l’art de la photographie, de la fin de l’ère de l’argentique et l’apparition de celle du numérique ; une fracture violente qui annonce déjà la mort d’une technologie mais qui ouvre d’infinies possibilités malgré une qualité très inférieure à celle de l’argentique. Propos Éric Petr, 2004

Voir le projet netArt TrAVerSéE2nUiT 2oo4

Blog Pozekafee Traversée de Nuit 2004

http://www.pozekafee.net/eric.petr/traversee2nuit/

Pour voir toutes les images de la traversée, faites les défiler vers la droite à l’aide de votre souris.

Bonne traversée !