Celui qui vient de l’infini

Interview d'Eric Petr​

 

 

I have the great pleasure to present to you my interview which has just been published in the magazine lelitteraire.com produced by Jean-Paul Gavard-Perret that goes along with a very beautiful text about my photography.

I am extremely grateful to him.

 

" The one who comes from the infinite: interview with the photographer Eric Petr "

www.lelitteraire.com/?p=26115

 

My first book will be released soon at CORRIDOR ELEPHANT Editions, and subscriptions will be possible at Christmas.

Please look at your messages.

www.corridorelephant.com

 

 

§ - § - §

 

 

Celui qui vient de l’infini : entretien avec le photographe Eric Petr

 

L’archi­tec­to­nique de la pho­to­gra­phie n’est pas for­cé­ment tabu­lée par le posi­ti­visme. L’histoire même de cet art prouve à lui seul com­bien à l’inverse il s’est déve­loppé par l’apparition de nou­velles logiques de repré­sen­ta­tion où dis­pa­rais­sait chaque fois par à coups l’unilinéarité des repré­sen­ta­tions anté­rieures. Déter­mi­nant, matrice, table de vérité mais aussi bandes de spectre,  la pho­to­gra­phie chez Eric Petr demeure tou­jours un plan com­plexe où volumes et cou­leurs créent des indices d’organisation et de varia­tion, de sys­tème d’espaces et de temps, de géo­mé­trie et d’histoire. Par ses prises, Eric Petr crée des stra­ti­gra­phies face à celles — « clas­siques » — qui se gobent si sou­vent comme un corps céleste gazeux. Le pho­to­graphe ramène jusque par l’effluve à l’attraction ter­restre. D’où les formes per­dues dans l’espace La maté­ria­li­sa­tion des éthers s’accomplit ici-bas. Une rêve­rie archi­tec­tu­rale se déploie et jouxte une rêve­rie. Sur­git un lieu mar­quant le pas­sage d’un uni­vers sur­chargé d’images à celui d’un vertige.

 

 

 

 Entretien

 

 

Qu’est-ce qui vous fait lever le matin ?

La lumière.

 

Que sont deve­nus vos rêves d’enfant ?

Quand j’étais petit, j’avais des rêves et main­te­nant, en vieillis­sant, ces rêves reviennent à moi, comme si le temps était une machine à renou­ve­ler le passé et le futur qui deviennent à leur tour le présent.

 

A quoi avez-vous renoncé ?

Aux études.

 

D’où venez-vous ?

De l’infini.

 

Qu’avez-vous reçu en dot ?

L’amour de mes parents.

 

Un petit plai­sir — quo­ti­dien ou non ?

Un Châteauneuf-du-Pape, quand l’envie devient irrésistible.

 

Qu’est-ce qui vous dis­tingue des autres artistes ?

Ce sont mes gènes qui me dis­tinguent des autres artistes ; nous sommes tous dif­fé­rents.

C’est cette extra­or­di­naire pluri-diversité de l’univers qui défi­nit tout ce qui le compose.

 

Com­ment définiriez-vous votre approche de la pho­to­gra­phie ?

Ma pho­to­gra­phie est un dia­logue entre le ciel et l’homme.

Elle est une réflexion sur l’essence de la lumière.

Elle est une varia­tion sur les « rela­tions d’incertitude » de Wer­ner Hei­sen­berg qui ques­tionnent sur ce que la théo­rie de l’observation de l’univers impo­se­rait cer­taines limites à notre per­cep­tion du réel.

Elle montre la fra­gi­lité et la beauté de la vie.

 

Quelle est la pre­mière image qui vous inter­pella ?

C’est sans doute l’image de Neil Arm­strong mar­chant pour la pre­mière fois sur la Lune.

 

Et votre pre­mière lec­ture ?

“Tin­tin au Tibet”.

 

Quelles musiques écoutez-vous ?

Quand j’écoute atten­ti­ve­ment la musique, c’est : « Labo­rin­tus II » de Luciano Berio ou Die­te­rich Bux­te­hude, la Suite en do majeur BuxWV230 pour cla­ve­cin ou Ste­fano Landi, son magni­fique chant « Homo fugit velut umbra » ou Ryoji Ikeda ou encore l’extraordinaire Léo Ferré.

 

Quel est le livre que vous aimez relire ?

« Inconnu à cette adresse » de Kathrine Kress­mann Tay­lor. Magis­tral, c’est une leçon à ne jamais oublier.

 

Quel film vous fait pleu­rer ?

Le film qui me fait pleu­rer… de rire, c’est : “Les Dieux sont tom­bés sur la tête” de
Jamie Uys.

C’est l’histoire d’une bou­teille de Coca-Cola qui tombe d’un avion pour atter­rir dans une tribu du Bots­wana et qui engendre le chaos au sein de la communauté.

 

Quand vous vous regar­dez dans un miroir qui voyez-vous ?

Moi, maintenant.

 

A qui n’avez-vous jamais osé écrire ?

A mon père.

 

Quel(le) ville ou lieu a pour vous valeur de mythe ?

Le Mont Fuji, si céleste, tel­le­ment beau, divin.

 

Quels sont les artistes et écri­vains dont vous vous sen­tez le plus proche ?

Pierre Sou­lages pour la lumière, Pablo Picasso pour la cou­leur et Masa­hisa Fukase pour son inten­sité dramaturgique.

 

Qu’aimeriez-vous rece­voir pour votre anni­ver­saire ?

Un livre.

 

Que défendez-vous ?

L’Amour.

 

Que vous ins­pire la phrase de Lacan : “L’Amour c’est don­ner quelque chose qu’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas” ?

Je ne com­prends pas la psy­cha­na­lyse ; elle n’agit pas sur moi. Alors, cette phrase ne m’inspire rien.

 

Que pensez-vous de celle de W. Allen : “La réponse est oui mais quelle était la ques­tion" ?

Ça lui res­semble bien.

 

Quelle ques­tion ai-je oublié de vous poser ?

Pour­quoi aimé-je Mar­seille et pour­quoi ai-je mon cœur à Tokyo ?

J’ai une immense admi­ra­tion pour le Japon, pour l’écriture et la culture japo­naise mais plus que tout, une extra­or­di­naire épouse du Pays du Soleil Levant.

Mar­seille et Tokyo, des villes por­tuaires qui ont comme point com­mun de s’ouvrir sur le monde.

Par-delà les mers, je les entends par­ler d’amour.

 

 

Pré­sen­ta­tion et entre­tien réa­li­sés par jean-paul gavard-perret pour lelitteraire.com 

le 24 novembre 2016.

 

 

 

 

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